23 septembre 2009
In praise of chaos
Nous avons l'immense privilège de recevoir le jeudi 15 octobre à partir de 18h30 et jusqu'au 12 novembre l'exposition de Gordon Hart. Gordon est écossais de naissance, américain de nationalité, et vit en France, à Lyon.
L'exposition est sous le signe du noir et du blanc. Son titre: " In praise of chaos". Nous dirions en France, "Éloge du chaos".
"La couleur noire renferme l'impossible vivant. Son champ mental est le siège de tous les inattendus, de tous les paroxysmes. Son prestige escorte les poètes et prépare les hommes d'action. "
René Char, extrait des "Feuillets d'Hypnos".
L'expo vu par Gordon
In praise of chaos
"What I am saying does not mean that there will be henceforth no form in art. It only means that ther will be a new form, and this form will be such a type that it admits the chaos and does not try to say the chaos is something else... To find a form that accommodates the mess, that is the task of the artist now.
Samuel Beckett, The Columbia University Forum, 1961
For some time I was enamored by creation myths of primordial unity, i.e. myths of the union of opposites; concepts of duality, of thinking in pairs, reconciling opposites. Myths common to many cultures, be in tantric buddhism, taoist mysticism, or pre-colombian thought, are all united in mediations between the corporeal and the spiritual, the pleasure principle and the death instinct.
As metaphors for this dialectic of opposition and fusion, my works of the early 70's were symetric and static and with time became difficult to live with. The limitation with mythopoeic thought is that is outside of history, and as such is static. By the end of the 70's, I felt restricted by this state of iconic statis and, last but not not least, bored with the limited vocabulary I was employing. The "N.Y.N.Y." paintings began in the winter of 79 as a means of addressing the "ere and now", the immediate, and as a vehicle for enlarging my visual vocabulary. As a result, the space time of the work changed radically. Movement was introduced, the space becoming much more dynamic, complex, if not chaotic, coupled with a new sense of scale and plurality of surfaces.
I've long lost interest in resolving or reconciling. Chaos is what excites me, holds my interest, blesses me with long days and sleepless nights. Edmond Jabes, the egyptian poet and novelist, says "you have to write in the same way you breathe". I believe my work of the early 70's was about breathing in ; the work that followed, breathing out.
What interests me is giving chaos a form, a shape, an idea of totality as shown through fragments. A totality associated with process ; a state of becoming rather than being ; dynamic as opposed to static.
Working on four or six panels or canvasses at a time, I enjoy the freedom of not being fixated in one space at a time. I think of each work as complete in itself, made in a non linear, non-sequential, iterative manner : a fragmentary whole ; a microcosm of the macrocosm ; part of a larger whole to be assembled at some later date. A stategy for surprising myself, of courting chance and indeterminacy, a means of generating randomness. "If you know where it's going, it's not worth doing", as Frank Gehry, the architect, puts it.
Painting is a world - a small one - but one with its own content and style. My world of chaos is one where I can lose myself, find myself, surprise myself. A space time of somatic awareness, a banquet for the senses where the imagination is free to roam, to dream with open eyes. A desire not simply to present a theme, but to add something to the expressive potential of abstract painting ; to enlarge its vocabulary.
Éloge du chaos
"Ce que je dis ne signifie pas qu'il n'y aura désormais aucune forme dans l'art. Cela signifie seulement qu'il y aura une nouvelle forme, et cette forme sera d'un tel type qu'elle admettra le chaos et qu'elle n'essaiera pas de dire que le chaos est quelque chose d'autre... La tache de l'artiste est maintenant de trouver une forme qui s'adapte à ce désordre."
Samuel Beckett, The Columbia University Forum, 1961
Au début, j'adorais les mythes de la création de l'unité primordiale, à savoir les mythes de l'union des contraires, les concepts de la dualité, la pensée par paires, réconcilier les contraires. Mythes communs à de nombreuses cultures, que l'on trouve dans le bouddhisme tantrique, le mysticisme taoïste, ou la pensée précolombienne, tous unis dans des médiations entre le corporel et le spirituel, le principe de plaisir et l'instinct de mort.
Comme des métaphores de cette dialectique de l'opposition et de la fusion, mes œuvres du début des années 70 sont symétriques et statiques, et avec le temps, le concept est devenu difficile à vivre. La limite de cette pensée, c'est qu'elle se trouve en dehors de l'histoire, et comme telle, elle reste statique. À la fin des années 70, je me sentais limité par cet état d'icône statique et, "at last but not least", je ne me sentais plus à l'aise avec le vocabulaire limité que j'employais. Les peintures du «N.Y.N.Y." devinrent en hiver 79 un moyen de m'attaquer à "Ici et maintenant", à l'immédiat, devinrent un véhicule pour élargir mon vocabulaire visuel. En conséquence, l'espace-temps de mon travail changea radicalement. Le mouvement fut introduit, l'espace devint de plus en plus dynamique, complexe sinon chaotique, couplé avec un nouveau sentiment d'échelle et de la pluralité de surface.
J'ai depuis longtemps perdu tout intérêt pour la résolution ou la réconciliation. Le chaos, c'est ce qui me passionne, ce qui détient mon intérêt, ce qui me fait passer de longues journées et des nuits blanches. Edmond Jabès, le poète et romancier égyptien, a dit : «vous devez écrire de la même manière que vous respirez». Je crois que mon travail du début des années 70 était d'inspirer, les travaux qui ont suivi, d'expirer.
Ce qui m'intéresse, c'est de donner une forme au chaos, un moule, une idée de totalité, montrée par fragments. Une totalité associée au processus, un état de devenir plutôt que d'être, une dynamique par opposition à un état statique.
Travailler sur quatre ou six toiles en même temps me fait apprécier la liberté de ne pas être figé dans un seul espace. Je pense chaque œuvre complète, faite de manière non linéaire, non séquentielle, de manière itérative : un ensemble fragmentaire, un microcosme dans le macrocosme, une partie d'un ensemble plus vaste qui pourra être assemblé à une date ultérieure. Une stratégie pour me surprendre moi-même, pour courtiser le hasard et l'indétermination, un moyen de générer aléatoire. "Si vous savez où ça va, aucun mérite à le faire», comme le dit Frank Gehry, l'architecte.
La peinture est un monde, petit, mais avec son propre contenu et son propre style. Mon monde de chaos, c'est celui où je peux me perdre, me retrouver, me surprendre moi-même. Un espace-temps de prise de conscience somatique, un festin pour les sens, où l'imagination est libre d'errer, de rêver les yeux ouverts. Un désir non seulement de présenter un thème, mais d'y ajouter quelque chose pour le potentiel expressif de la peinture abstraite, pour élargir son vocabulaire.
Vernissage
Le parcours de Gordon Hart
Gordon est né en 1940 à Glasgow. De 1961 à 1964, il étudie à la Central School of Art à Londres, d'où il sortira avec les honneurs. Puis en 1964, il intègre l'école Brooklyn Museum Art School, à New-York. Il croise alors tous les grands artistes de l'époque, d'Andy Warhol à Jason Pollock. En 1986, il s'installe à Lyon.
Expositions personnelles/One-man exhibitions
1974 Bykert Gallery, New-York.
1975 Texas Gallery, Houston, Texas.
1976 Susan CaIdwell Gallery, New-York.
1977 Susan Caldwell Gallery, New-York.
1978 Susan CaIdwell Gallery, New-York.
1979 Susan Caldwell Gallery, New-York.
1980 Hadler / Rodriguez Galleries, Houston, Texas.
1981 Holly Salomon Editions, New-York.
1982 Hadler / Rodriguez Galleries, Houston, Texas. Gallery Ninety-Nine, Miami, Florida. D.B.R Gallery, Cleveland, Ohio.
1983 Stephen Rosenberg Gallery, New-York. St Peter's Church, Citicorp Building, New-York.
1984 Hadler/Rodriguez Galleries, Houston, Texas.
1985 Susan Sheffield Gallery, Houston, Texas.
1986 Susan Sheffield Gallery, Houston, Texas
1990 Espace Beaudelaire, Rillieux La Pape, Lyon. Galerie l'oeil Ecoute, Lyon.
1991 Château de Jau Cases de Pene. Galerie la Fabrique de Parasols, St-Etienne.
1992 Galerie l'Oeil Ecoute, Lyon. Galerie de Ia Pleau, Toulouse.
1994 Salle Gustave Fayet Sérignan.
1995 Galerie Rachel Stella, Paris.
1997 Maison d'Ecriture, Lyon.
2001 Galerie Berensen, GORDON HART - New York series
2003 Cours des loges, Lyon
Prix/ Honors abd awards
1964 Arts Council of Great Britain Award. Gulbenkian Scholarship. Max. Beckman Scholarship.
1975 National Endowment For the Arts, USA. John Simon Guggenheim National FelIowship, USA.
Expositions collectives/Group exhibitions
1964 I.C.A Gallery London. “Young Contemporaries 64”. “Seven '64” Mc Roberts et Tunnard Gallery, Londres.
1968 Bykert Gallery, New-York.
1974 Neuberger Museum, Purchase, New-York. “Neuberger Collection”. Texas Gallery, Houston, Texas.
1975 Stadtisches Museum, Leverkusen, Allemagne, “Zeichnungen 3 USA”.
1976 The High Museum, Atlanta, Georgia. “Contemporary Art in Atlanta Collections". The Fine Art Gallery, California State University, Los Angeles. “New-York/New-York”.
1977 Susan Caldwell Gallery, New-York.“Critics Choice”, The Joe and Emily Lowe Art Gallery, Syracuse University, Syracuse.
1978 The Museum Of Modern Art, New-York, “Gold”. Susan Caldwell, Gallery, New-York, “In the Realm of the Monochromatic”.Thomas Segal Gallery, Boston.
1979 The Clocktower, New-York, “New Wave Painting”. The Fine Arts Gallery, Université de Chicago. “In the Realm of theMonochromatic”. The Galleries of the Claremont Colleges, California, 1980 The Janus Gallery, Los Angeles, Californie. Gallery Ninety-Nine. Miami, Floride.
1981 Gallery Easthampton Long Island N.Y. Foster White Gallery, Seattle, Washington.
1982 Mary Boone Gallery, New-York.
1983 John Leon Gallery, New-York.
1984 Stephen Rosenberg Gallery, New-York.“Luxe Calme et Volupté: Nine Abstract Artists”. One Penn Plaza, New-York.
1985 “From Arp to Warhol”, Pace University, New-York. “Works on Paper”, Welton Becket Associates, New-York.
1987 Susanna Sheffield Gallery, Houston, Texas.
1988 “Out of Order”, Anne Plumb Gallery, New-York.
1992 Biennale de Toulouse.
1993 Galerie Rachel Stella, Paris.
1994 Galerie Rachel Stella, Paris.
1996 “Un Critique et ses Amis - Hommage à Jean Jacques Lerrant”, Embarcadère, Lyon.
1998 Gallery Proarte, Londres.Galerie Arte, Monaco.
2000 Art Miami/Basle.
2001 Galerie Beresen, Montréal, Canada.
2004 Galerie Beresen, Montréal, Canada.
2005 Dwight Hackett Projects, Santa-Fe, New Mexico, USA
2007 Musée Paul Dini, Villefranche "50 artistes de Rhône-Alpes".
2008 Musée Paul Dini, Villefranche 3Irréel de la réalité au rêve. Nouveau palais de justice, Lyon. "Hart & Hart : a family affair".
Collections Publiques/Public collections
Albright Knox Museum, Buffalo, New-York.
Amerada Hess Corporation, Woodbridge, New-jersey.
American Telephone and Telegraph, Woodbridge, New-Jersey.
American Federal Savings, New-York.
American Ultramar Ltd, Tarrytown, New-York.
Brooklyn Museum, New-York.
Bren Investments, Los Angeles, California.
Chase Manhattan Bank, New-York.
Chemical Bank, New-York.
Equitable Life Insurance, New-York.
Estee Lauder Inc., New-York.
The High Museum, Atlanta, Georgia.
Harcourt Brace Janovitch, New-York.
Imperial Sugar, Houston, Texas.
I.B.M. Poughkeepsie, New-York.
Indiana University Art Museum, Indiana.
Moody National Bank, Galveston, Texas.
Mobil Oil Corporation, New-York.
Philip Morris Inc., New-York.
Neuberger Museum, Purchase, New-York.
Omni International, Florida.
Penzoil, Washington.
Pepsico, Purchase, New-York.
Prudential Life Insurrance, Boston.
Œuvres Commissionnées/Selected Comissions
The Continental Group, Executive Headquarters, Stamford, Connecticutt.
Pan Pacific Hotel, Singapour.
Meridian Hotel, New-York.
Zales Corporate Headquarters, Dallas, Texas.
Bren Investments, Los Angeles.
Omni Hotel, Florida.
Lycée Louise Labe, Lyon.
Article paru dans "Le Monde"
Structures colorées
"Le cheminement d'un peintre américain qui a su dégager des académismes contemporains"
''Quoiqu'il vive à Lyon, Gordon Hart n'est guère connu en France. Fâcheuse ignorance. Il est en effet tout à la fois exemplaire dans sa génération et séduisant dans son évolution.
Des œuvres de 1973 à la laque industrielle sur toile, œuvres un peu minces où les lignes apparaissent seules sur fond monochrome aux huiles récentes, Hart s'est libéré des interdits hérités du minimalisme.
Celui-ci prescrivait-il des formes simples et des aplats neutres ? Hart expérimente des effets de coulure et de marbrure, il introduit des empâtements et des feuilles d'or afin d'enrichir sa matière picturale. Chaque image est construite par l'entrecroisement de diagonales qui dessinent triangles et losanges superposés dans un espace de plus en plus profond et aérien. Puis ces barres obliques s'effacent, recouvertes par une marée de couleurs qui s'amassent en nuages et flaques.'' Philippe Dagen
Article de "Entries (Maximalism)"
"Behind much of this Pre-Raphaelite overload is to be found the neglected figure of Gordon Hart, who, like many before, had been stimulated by Cennino and the recipes necessary to early Renaissance painting-griding one's own pigment, setting down one's own perfect gesso ground, burnishing the and-set gold leaf, rediscovering the lost techniques of egg tempera, studying the magical ratios of polypttychly subdivided surface, and on andon. Hart's career, thought checkered, was persuasive in the 70s, a prestige heightened through his friendship with Barnett Newman. "While he didn't get to run with the ball", notes Stephan, "he was the one who made the connection"." By Robert Pincus-Witten









